« Celui qui a une raison de vivre peut endurer n’importe quelle épreuve, ou presque » Frédéric NIETZSCHE.

 

La reprise du travail en présentiel après cette crise Covid (espérons que ce soit définitivement terminé) ne semble pas évidente. Même constat dans les activités quotidiennes et les activités sociales et sportives.  Tout le monde languis de reprendre. Mais l’engagement réel ne semble pas au rendez-vous.

Autre constat, on relève un regain d’agressivité et une hypersensibilité dans les relations interpersonnelles.

Les services de santé, d’accompagnement à la personne, d’éducation et de secours font remonter la même impression. En effet les relations sont tendues. Prenons le cas des négociateurs du RAID soulignent la recrudescence des passages à l’acte nécessitant leur intervention (Le Raid et le GIGN font état de l’augmentation inquiétante du nombre d’interventions qu’ils réalisent pour interpeller des forcenés violents depuis le déconfinement.)

 

C’est l’occasion pour nous de vous présenter la « RÈGLE DES 3 » de BEN SHERWOOD. Une règle qu’il a développé dans son livre (en anglais) « The Survivors Club».

En voici les points essentiels :

  • Un événement d’amplitude mondiale a des répercussions sur le stress de la population. Aussi, plus de la moitié des américains reconnaissant avoir été stressés par l’attentat du 11 septembre, ont développé 53% de maladies cardio-vasculaires en plus. Les conséquences de la crise Covid ne semblent pas encore connues et mesurées.
  • L’isolement social est très difficile à supporter chez l’être humain.

 

La « règle des 3 » nous aide à comprendre.

Cette règle définit nos besoins de base, sur le terrain, en situation de survie. Cette liste est classée par ordre de priorité.  Il est indispensable de savoir gérer ses priorités pour rester en vie.

A risque égal, la priorité doit le plus souvent porter sur le point le plus immédiatement mortel.

 

  • 3 secondes : c’est le discernement. Éviter de sombrer dans la sidération et l’effet tunnel pour prendre la bonne option (ou du moins la moins mauvaise)*. Fatigue, stress, peuvent réduire grandement et altérer la vigilance. Les gestes répétés, l’habitude sont aussi les pires ennemis et réduisent cette pleine conscience de l’instant présent.
  • 3 minutes : la respiration qui sera à traiter en priorité. Une situation d’urgence conduit un engagement important, énergivore. On oublie trop souvent de respirer**.
  • 3 heures : c’est la protection de l’environnement (froid, chaleur, humidité) qui deviennent prioritaires.
  • 3 jours : à ce moment, la soif devient une nécessité et un besoin vital…bien avant la faim.
  • 3 semaines : Concernant la nourriture, le corps est une machine incroyable. Il apprend à jeûner et à puiser dans ses réserves pour survivre. Trouver à manger est évidemment nécessaire mais reste secondaire.
  • 3 mois : Mourir de la solitude, l’isolement peuvent paraître invraisemblable, mais privé de tout contact social un individu est souvent sujet à des fortes hallucinations avant de sombrer dans la folie. Pour surmonter cette solitude, il est vital de se raccrocher à n’importe quoi : un animal, une plante ou même s’inventer un compagnon de route***.

 

La crise hors norme vécue ces 18 derniers mois ne peut rester sans laisser de trace.

Le défi, soutient LeDoux, professeur du centre de neuroscience à NewYork et spécialiste de la peur, est d’éliminer les rappels douloureux mais de rester engagé dans la vie.

Nos cerveaux sont « Notre meilleur allié et notre pire ennemi », écrit-il. Nous sommes nés avec l’équipement pour prendre de bonnes décisions et apprendre de nos erreurs, mais nous nous inquiétons et nous stressons plus que tout autre animal. Les meilleurs survivants savent naturellement gérer leurs peurs ou apprennent à exercer un certain contrôle. ».

Pour conclure, un chantier énorme nous attend et il reste surmontable par notre volonté.

 

*Cette phase des 3 premières secondes qui peuvent tout changer est étudiée dans le concept du GESIVI(lien vers méthode).

**c’est pour cette raison que nous avons développé le GESEOP®. La respiration, par des principes simples, peut canaliser les émotions et transformer la peur en moteur de combattivité. 

***Il est important resituer ce vécu et de le contextualiser pour avancer et se nourrir de ces difficultés pour se rendre plus fort. Le principe des 3CERCLES (lien vers méthode) est un outil permettant de construire l’avenir.

 

 

Didier JAFFIOL

Cofondateur du GESIVI (recherche-action-formation sur la prévention des violences)

Expert Service Départemental d’Incendie et Secours du Gard