Les évènements de la semaine du 5 janvier 2015, on marqué tout le monde. 

Comme nous le soulignons dans nos formations, notre société passe de la phase desidération, à celle de colère, puis à l’acceptation du deuil. Tout évènement doit nourrir par l’expérience, les actions à venir. Les évènements sont riches d’enseignement. Les structures professionnelles avec qui nous travaillons doivent réfléchir sur les protocoles à mettre en œuvre avec la presse pendant une crise. Nous avons frisé la catastrophe. Les informations données par les médias auraient pu “tuer pour informer”.

Sans dramatiser, il faut reconnaître que “ce n’est pas fini”. Le principe de “vigilance sereine” est le notre. Ne pas se masquer la vérité, pour regarder les problèmes en face. Agir plutôt que réagir. Etre fort, mais pas violent.

Les engagements de formation de notre équipe pour cette nouvelle année sont :

> Ne jamais se poser en “donneur de leçon”, mais aider les partenaires à comprendre et faire face aux violences;

> Ne pas basculer dans le champ du “tout sécuritaire”. Savoir écouter et comprendre. Mais être déterminé quand il faut agir;

> Ne jamais considérer les structures partenaires en simples clients. Mais participer à leur démarche de prise en compte de la violence qu’elles rencontrent pour construire des réponses adaptées.

> Proposer des formateurs diplômés et qui connaissent la réalité du terrain. Pour savoir conceptualiser à partir de l’expérience.

Nous vous souhaitons à toutes et à tous tous nos vœux de santé et de bonheur pour cette nouvelle année.

Nous conclurons par ces mots de notre ami Brice VERCELOT (ancien membre d’unité d’intervention), formateur GESIVI. Ils sont à la fois graves, mais pleins d’espoir face aux défis qui pointent à l’horizon.

 

“Les derniers évènements ont fait plus que retenir mon attention, mais je dois dire que je suis et serai toujours étonné par le comportement des français ! La menace que nous subissons est d’autant plus efficace que les médias en font la publicité. Le pire est que pléthore de « spécialistes » se congratulent en donnant des tonnes de détails sur nos procédures de sécurité alors que nous devrions augmenter notre confidentialité ! C’est un comble! On explique même sur certaines chaines audiovisuelles le mode tactique de nos groupes d’intervention : j’en suis stupéfait ! 

Enfin, nous vivons une époque où l’événementiel conduit nos politiques à faire de la récupération. J’ai connu en Haiti et au Liban, toutes les semaines des attentats avec des scènes d’horreur bien plus impressionnantes que ce que nous venons de vivre sans pour autant en faire l’écho d’un élan de soutien international ! J’ai travaillé plus de 26 années dans la police et 9 années dans l’armée sans reconnaissance et sans soutien de ma population. Mais toujours avec passion et bravoure avec des frères d’armes engagés dans un même combat : combattre le terrorisme sans état d’âme. 

Notre activité de formation est plus que jamais une réponse à ce contexte. Je suis et reste « en veille ». En fait, c’est un état d’esprit que l’on doit véhiculer à nos stagiaires. Ne pas dramatiser, ne pas minimiser.

 

Les populations ne sont pas prêtes à gérer le désordre et les tourments d’actes aussi tragiques que les « attentats ». A méditer”.