Introduction

L’histoire entre GESIVI et les sapeurs-pompiers du Gard ne date pas d’hier. Elle repose sur un besoin très simple. Les équipes de secours doivent intervenir partout. Elles doivent aider tout le monde. Pourtant, elles se retrouvent parfois face à des comportements agressifs. Parfois même face à des violences directes. Cette réalité existe depuis longtemps, elle pèse sur les équipes, elle impacte la qualité des interventions. Elle génère surtout un risque humain immense.

C’est dans ce contexte que GESIVI s’est imposé comme un allié précieux. Et, pour comprendre cette relation, il faut revenir au parcours d’un homme. Un homme qui n’a jamais cessé de tendre la main tout en sachant que certains, parfois, mordent.

Un engagement de longue date

Didier Jaffiol sert comme sapeur-pompier volontaire depuis 41 ans. Cela force déjà le respect. Son expérience parle d’elle-même. Rapidement, son SDIS l’a sollicité pour un sujet crucial. Il fallait aider les équipes à faire face aux agressions sur intervention. Le besoin était pressant. Il fallait agir et, comme souvent, il est passé à l’action.

Au début, le travail portait surtout sur les violences urbaines. En 2005, les interventions dans certains quartiers devenaient tendues. Les équipages subissaient incivilités et provocations. Rien de très grave au départ. Mais suffisamment de signaux faibles pour comprendre qu’un problème profond se développait. Didier Jaffiol et les équipes ont donc commencé à réfléchir. Comment mieux anticiper ? Comment désamorcer et protéger ?

Le contexte n’était pas simple. Pourtant, l’envie d’améliorer la sécurité restait forte. Et, petit à petit, la réflexion prenait forme.

Le rôle clé des médiateurs

En parallèle, les sapeurs-pompiers du Gard ont renforcé leurs moyens. Ils ont mis en place un service de médiateurs. Ces médiateurs intervenaient dans les quartiers sensibles. Ils travaillaient sous l’autorité du lieutenant-colonel Éric Agrinier. Leur mission était claire :

  • Réduire les tensions.
  • Apaiser les relations.
  • Prévenir les agressions avant qu’elles ne surgissent.

Et le résultat fut là. Les agressions dans les zones sensibles diminuèrent nettement. Jour après jour, les médiateurs facilitaient les interventions. Ils tissaient des liens. Ils dialoguaient avec les habitants et désamorçaient des situations compliquées. Bref, ils prenaient soin de l’environnement dans lequel les équipes se rendaient.

Grâce à eux, les interventions devenaient plus fluides. Les équipages travaillaient plus sereinement et le climat général s’améliorait.

Un drame qui marque la profession

Malheureusement, malgré ces efforts, un drame survint en 2018. Le décès de Geoffroy Henry bouleversa toute la profession. Il fut mortellement poignardé par la personne qu’il venait secourir. Cet acte incompréhensible rappela à tous que le danger peut surgir n’importe quand. Et surtout, qu’il peut venir de là où l’on ne l’attend pas.

Ce drame ne laissa personne indifférent. Il renforça la conviction que la formation devait évoluer et redoubler de vigilance. Il fallut aussi développer des méthodes adaptées aux contextes actuels. Le besoin d’une approche structurée devenait évident.

C’est dans ce contexte que la méthode GESIVI® s’installa encore plus solidement dans le paysage.

Le groupe OMV : anticiper et comprendre la violence

Au sein du SDIS du Gard, un groupe travaillait déjà sur la question. Le groupe OMV, pour Outrage, Menaces, Violence. Il était piloté par le lieutenant-colonel Olivier Tudela. Leur réflexion était pragmatique. Il fallait comprendre la violence. Comprendre ses déclencheurs et aussi préparer les équipes à la gérer.

La violence ne surgit pas par magie, elle s’exprime souvent quand la souffrance déborde ou lorsque la frustration devient intenable. Parfois, ce sont les produits qui altèrent les comportements. Parfois, c’est simplement la colère. Tout peut basculer très vite. Et les sapeurs-pompiers doivent composer avec cette réalité.

Le groupe OMV s’est donc inspiré de la méthode GESIVI®. Cette méthode apporte une base solide, elle propose des outils concrets. Elle offre une approche structurée pour former les équipes et surtout, elle place l’humain au cœur du dispositif. Grâce à elle, les cycles de formation initiale et continue prenaient une nouvelle orientation.

On ne forme plus seulement des techniciens du secours, on forme aussi des professionnels capables de gérer la violence avec sang-froid. Et donc capables d’assurer la sécurité de tous.

Un soutien institutionnel fort

Ce projet ambitieux n’aurait pas avancé sans un soutien clair. Le colonel Langlais, alors DDSIS, soutenait fermement la démarche. L’ENSOSP appuyait également le travail, elle mettait à disposition ses ressources bibliographiques. Ce soutien institutionnel donnait de l’élan, il donnait aussi de la crédibilité.

Grâce à cette dynamique, un livre technique put voir le jour :« Sapeur-pompier, un métier à rixe », publié aux éditions GESIVI. Ce livre synthétise le savoir accumulé. Il décrit les enjeux, il propose des méthodes, bref, il devient une référence.

Les organisations professionnelles s’y intéressèrent aussi. Alain Laratta, pour les officiers, joua un rôle important. Le Syndicat Sud s’engagea également. Tout cela confirmait l’importance du sujet. La violence envers les secours ne peut plus être traitée comme un simple aléa, c’est un risque professionnel, il doit être géré comme les autres.

Se préparer à faire face

Un principe résume bien l’esprit du GESIVI. « Faire face pour ne pas se faire mordre la main que l’on tend », la formule du lieutenant-colonel Joseph frappe par sa justesse. Elle montre la difficulté émotionnelle du métier. Les pompiers viennent sauver mais certains leur opposent la violence. Il faut donc se préparer, anticiper et il faut rester lucide.

Aujourd’hui encore, la France enregistre entre six et sept agressions quotidiennes contre les sapeurs-pompiers. Le chiffre est froid. Il est surtout intolérable. Pourtant, il représente une réalité de terrain, une réalité que personne ne peut ignorer.

Heureusement, cette violence n’est pas une fatalité. Elle peut être analysée, être comprise et peut, surtout, être mieux gérée grâce à la formation. La méthode GESIVI® aide dans ce sens. Elle transmet des outils concrets, développe des compétences relationnelles., renforce la confiance et la cohérence des équipes.

Une synergie locale essentielle

Dans le Gard, cette démarche s’appuie aussi sur un réseau solide. Les services de l’État travaillent étroitement avec le SDIS. Les délégués du préfet jouent un rôle majeur. Ils facilitent les liens, rapprochent les services et encouragent la coopération avec les associations et les acteurs de quartier.

Cette proximité crée un terrain favorable. Elle aide à mieux comprendre les tensions. Elle permet d’intervenir plus intelligemment et elle renforce la confiance entre les habitants et les secours. Une confiance fragile mais essentielle.

Un geste symbolique et mérité

Pour conclure cette aventure humaine, un geste simple fut posé. Les équipes offrirent deux ouvrages à Sabrina Barrière, nouvel officier intégrant le groupe OMV, « La violence sous contrôle » et un ouvrage de négociation de Jean-Pierre Veyrat. Ce geste reconnaît son engagement. Il symbolise aussi l’importance du partage de connaissances.

Car la sécurité des équipes repose sur une idée essentielle. Personne ne peut affronter la violence seul. La formation compte, comme l’expérience, mais la solidarité compte encore plus.

Conclusion

L’histoire entre GESIVI et les sapeurs-pompiers du Gard illustre une réalité forte. Le métier évolue, les risques changent. Les équipes doivent s’adapter. Grâce à GESIVI, aux médiateurs, aux groupes de travail et au soutien institutionnel, les pompiers du Gard avancent, ils progressent et ils se protègent mieux.

Et, même si le danger ne disparaîtra jamais totalement, ils restent prêts, ils restent unis. Et surtout, ils continuent de tendre la main. Avec prudence, certes mais sans jamais oublier pourquoi ils le font.