Cet article est destiné à nos stagiaires qui interviennent en zone sensible mais “pas que”. L’actualité démontre que le risque dépasse les quartiers dits “sensibles” et la situation actuelle, conduit des personnes au désespoir passant à l’acte avec arme. La délinquance peut aussi s’exporter en dehors des quartiers dans certains cas.

3 scénarios différents, aux risques différents, aux conduites à tenir spécifiques qui méritent analyse et compréhension pour se protéger au mieux quand on est amené à travailler dans des sites où ce type d’évènement peut survenir.

Sujet abordé et suivi avec beaucoup d’intérêt par les équipes.

 

La fusillade :

Une fusillade est une utilisation répétée ou simultanée d’armes à feu individuelles.

Ce terme est fréquemment utilisé pour les actes de violence dans lesquels une ou plusieurs personnes tirent un grand nombre de munitions, en dehors d’un champ de bataille. On peut parler de fusillade qu’il y ait ou non eu des victimes, et qu’il y ait eu échange de tirs entre plusieurs camps ou non (wikipedia).

Les risques :

  • Niveau de stress est élevé : affolement, panique. Le porteur d’arme a une pression de 15kg dans les mains; le coup sur arme de type guerre est d’environ 1,5 à 3kg.
  • Les dommages collatéraux sont majeurs, les cibles sont confuses. Tout ce qui bouge est une menace pour eux.
  • Porteurs d’armes sont bien souvent inexpérimentés (amateurisme doublé de culture issue des films).
  • Ils sont souvent sous l’emprise de drogue ou alcool (désinhibition – besoin de se donner du courage).
  • L’enjeu est entre deux ou plusieurs personnes, c’est le “règlement de compte” sous “enjeu passionnel” à haute intensité. Absence de discernement. Effet tunnel.

https://www.lci.fr/societe/video-a-nimes-des-quartiers-otages-d-une-guerre-meurtriere-entre-trafiquants-de-drogue-2179597.html

Conduite à tenir :

  • S’extraire de la zone. Le conflit concerne les protagonistes.
  • Si impossibilité d’évacuer, se coucher ou s’accroupir. Ne pas bouger (principe du “GEL” ou “Freeze”) : les tireurs déclenchent les tirs instinctivement à hauteur de poitrine (source: service antiterroriste israélien).
  • Les protections efficaces sont les murs pleins, le béton.
  • Les cloisons de brique, en placo-plâtre et les portes alvéolées, les meubles n’offrent aucune protection.
  • Courir en zigzag rapidement réduit de manière exponentielle le risque d’être touché.
  • Le bloc moteur d’un véhicule est une excellente protection.

 

Les fusillades en milieu clos

Si les tirs sont assez éloignés :

  • fuyez pour évacuer les lieux en abandonnant vos affaires personnelles.
  • aidez les autres à s’échapper.

Si les tirs sont proches :

  • Couchez vous immédiatement si les tirs sont proches.
  • Mettez votre portable sur silencieux(pas vibreur).
  • Ne sortez pas / ne regardez pas par la fenêtre. (risque prendre une balle perdue indiquer votre présence).

Si les tirs se rapprochent :

  • Fermez la porte à clé et la bloquer (accumuler tous les moyens).
  • Baissez les stores, éteignez la lumière et restez loin de la porte.
  • Allongez-vous en évitant de rester contre les murs ou les fenêtres. (au milieu de la pièce).
  • Restez clames et silencieux.
  • Mettez votre portable sur silencieux(pas vibreur).

Les fusillades en extérieur

Si les tirs sont assez éloignés :

  • localisez la menace (origine et proximité des tirs)
  • Courez pour quitter les lieux
  • Fuyez d’abri en abri en changeant tous les 10-15 mètres

Si les tirs sont dirigés dans votre direction, « sifflements » claquements secs :

  • allongez-vous, dissimulez-vous
  • Dès que possible, fuyez, SINON FAITES LE « MORT ».

Si vous êtes en véhicule :

  • Si la voie est libre, accélérez et quittez les lieux
  • Sinon, faites demi-tour ou marche arrière
  • Si vous êtes immobilisé, quittez-le immédiatement

Aujourd’hui, une forme de jeux dangereux et criminel consiste à faire démonstration de force par le biais de tirs d’arme à feu ou de mortiers d’artifice.

https://www.lci.fr/police/video-faits-divers-violences-armes-nimes-des-tirs-de-kalachnikov-en-pleine-rue-2143922.html

Pour les pompiers :

    • La tonne d’eau a un pouvoir d’arrêt considérable (1 mètre cube d’eau stoppe une balle de 12,7 – mitrailleuse ). Source expert balistique.
    • Durant votre intervention, l’état d’excitation est toujours présent et le risque de retour “sur zone” d’un tiers (membre de la famille, ami de la victime…) dans un désir de vengeance n’est pas exclu. La vigilance est de mise. Protection policière indispensable…qui risque d’envenimer encore plus la situation; mais comment faire autrement ?
    • Bien souvent “primo intervenants” ils sont “force opérante”. Si les tirs continuent, ils deviennent “force concourante” car c’est la police ou la gendarmerie qui prennent le commandement. La sécurité ne pouvant se faire tant que le danger existe pour les secouristes.

 

Si les tirs sont assez éloignés :

  • localisez la menace (origine et proximité des tirs)
  • appliquer le principe 2-3 qui bossent et 1 qui « chouffe »
  • rester le moins longtemps sur les lieux

Si les tirs se rapprochent ET déjà engagé sur la zone hostile :

  • toujours garder en tête que le tireur peut revenir
  • appliquer le principe 2-3 qui bossent et 1 qui chouffe

Si les tirs sont proches et niveau de danger extrême déplacer la victime à l’abri si l’état le permet rester le moins longtemps sur les lieux :

  • en coordination avec les FSI, appliquer le concept du «pick, scoop and run »

C’ est l’action qui permet de réduire le temps en milieu hostile, de limiter les gestes techniques et d’extraire rapidement la victime du milieu grâce à :

  • augmentation de l’intensité de la force (PICK)
  • technique limitée à l’arrêt hémorragique (SCOOP)
  • évacuation tactique rapide (RUN)

 

 

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C’est l’action de faire “sa” justice soi même et de manière violente. Manière expéditive de régler un litige dans le milieu du banditisme, ce mode opératoire qui a toujours existé dans certaines régions, est toujours d’actualité dans un contexte où la manne financière générée par l’économie souterraine crée de sérieuses convoitises.

Contrairement à la fusillade, il y a très souvent un contexte d’embuscade.  Dans ce cas la cible est bien identifiée, le risque de dommage collatéral est moindre même si toujours présent. Tandis que la professionnalisation des auteurs est plus affirmée. Ainsi que la détermination également.

Les risques :

  • Souvent, les criminels, qui ont prémédité leur action agissent avec un minimum de témoins. S’il y en a, il y a un risque d’élimination.

 

Conduite à tenir :

  • Fuyez quand cela est possible.
  • Si impossibilité, effacez-vous (GEL) et évitez d’être repéré.
  • Vous vous trouvez face à l’auteur du crime. Ne le fixez pas dans les yeux, cela pourrait lui donner l’idée de devoir éliminer celui qui pourrait être un témoin à charge.
  • La protection balistique est la même que le point précédent.

 

Si le ou les individus armés ne sont pas présents :

  • toujours garder en tête que le ou les individus armés peuvent revenir
  • localisez d’où la menace peut venir
  • déterminer la nature de la menace (arme blanche, arme de chasse, arme de guerre)
  • appliquer le principe 2-3 qui bossent et 1 qui chouffe

Si le ou les individus armés sont proches et niveau de danger extrême rester le moins longtemps sur les lieux :

  • appliquer le principe 2-3 qui bossent et 1 qui chouffe
  • appliquer le concept du «pick, scoop and run »

C’ est l’action qui permet de réduire le temps en milieu hostile, de limiter les gestes techniques et d’extraire rapidement la victime du milieu grâce à :

  • augmentation de l’intensité de la force (PICK)
  • technique limitée à l’arrêt hémorragique (SCOOP)
  • évacuation tactique rapide (RUN)

 

La menace avec arme : (article à venir)

L’intention est d’obtenir quelque chose de celui qui est menacé. Vos gestes et vos mots (ou silences) sont importants sur la suite de l’histoire que vous êtes en train de vivre.

 

La tuerie de masse à caractère terroriste ou de type amok (quand la rage tue) : (article à venir)

La volonté est de faire un maximum de victimes. Tuer puis être tué en martyr ou se “faire donner la mort” par un tiers (suicide by cop). Ces cas sont désespérés, la négociation est impossible.

Avant la diffusion de notre article, cette vidéo vous apporte quelques éléments:

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A noter : depuis les derniers attentats, la doctrine qui était : “fuir, se cacher, alerter” est devenue “fuir, se cacher, alerter, combattre en ultime recours”.

Avec un groupe “test” nous avons démontré, que si la fuite est impossible, les chances de survie augmentent quand on passe en phase “combat”.

 

3 principes fondamentaux :

  1. L’apprentissage des “gestes qui sauvent” est fondamental.
  2. La gestion de votre stress vous sauvera la vie. Il vous donnera le discernement et votre self-control rayonnera : “se montrer calme pour rendre calme”.
  3. Se préparer un minimum avant (sans tomber dans la parano) c’est être capable de s’adapter à l’imprévu le moment venu :  « qu’il s’agisse d’émotions ou de techniques, sans préparation, l’imprévisible devient insurmontable » (Éric Heip, numéro 2 du RAID – 2016).

 

Nos équipes de formateurs spécialisés dotés d’une grosse expérience en la matière restent à votre disposition pour organiser des modules de formation (gestion de crise, mise en situation réaliste avec armes adaptées et plastrons, cours sur la radicalisation et la prévention du risque terroriste). N’hésitez pas à nous contacter !

 

Texte corédigé par

-Didier JAFFIOL, cofondateur de la méthode GESIVI

-David BESNIER, officier de sapeurs-pompiers professionnel (SDIS35), consultant GESIVI et correspondant TDM avec les services spécialisés (ERIS, BRI,…)