Attaque au couteau à Villeurbanne (1°sept 2019): de riches enseignements > GESIVI SYSTEME - Prévention et gestion des situations de violence

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"Ne se mettre a genoux que pour cueillir une fleur." PREVERT

 

L'agression du 1er septembre à Villeurbanne a marqué encore durement les esprits (1 mort, un jeune homme de 19 ans et 8 blessés, dont plusieurs dans un état très grave). Nous ne parlerons pas ici de l'intention, de la folie, de la démence et/ou de la préméditation à connotation terroriste. Le résultat est le même. Des parents pleurent leur enfant, la peur, la colère, et parfois la haine submerge beaucoup d'entre nous.

Mais on peut remarquer un phénomène sur lequel il faut s'attarder un instant. Les comportements évoluent et ceux qui sont agressés, ceux qui sont témoins, agissent différemment.

 

 

 


Nous expliquons dans toutes nos formations que face à la violence, au danger extrême, nous avons trois options :

  • Fuir... quand on peut
  • Se figer et se soumettre
  • Combattre

Nous avions pu noter ce phénomène qui est instinctif. Des personnes que nous avons questionnées se sont surprises à agir, aller vers et faire face au danger.

Cette reconstitution de l'attaque du TALYS est un exemple (2mn). Instinctivement, certains passagers foncent face au danger.


 

Le phénomène a été remarqué dans d'autres occasions. Rappelez-vous les joueurs de pétanque qui assomment le forcené qui tente de poignarder des passants dans une rue à Paris.

Les temps changent, notre volonté aussi. Les consignes des pouvoirs publics étaient en 2015 :

  • Fuir
  • Se cacher
  • Alerter


Bien, très bien…


Certaines notes de service inscrivent cela dans le marbre : "face à une attaque au couteau : on s'écarte et on se dégage". Très bien !...quand on peut. Car aujourd'hui, l'agresseur masque de plus en plus ses intentions. Effet de surprise, rapidité de l'agression, arme blanche non visible. Parfois, le couteau est si proche que fuir ne protégera pas.

Et puis subir, devenir un simple mouton qui attend la sentence, gêne beaucoup de citoyens. Nous nous apercevons que les citoyens s'approprient progressivement les moyens proposés par les pouvoirs publics :

  • Apprendre les gestes qui sauvent pour porter et se porter secours
  • Acquérir les bons réflexes pour comprendre ces comportements issus pour la plupart du temps de la radicalisation et/ou de la maladie mentale.


Naturellement, le citoyen (du moins certains) devient acteur de sa sécurité et de la sécurité des autres.

Ces vidéos inédites illustrent parfaitement cet engagement. Engagement avec des risques énormes, certes, mais on peut avancer de différentes façons :

  • Intervenir en nombre
  • Identifier l'agresseur et réduire sa mobilité
  • Agir avec détermination
  • Effectuer les premiers gestes de secours
  • Organiser l'arrivée des premières équipes de secours, contribue à augmenter les chances de survie


Attention. Les 2 vidéos ci-dessous, peuvent choquer par les propos tenus et la violence des images.


 

 


Voici les phases les plus dangereuses :


Distance trop courte, bras le long du corps, de facedistance, angle d'abordage, mains 'inutiles' car inefficaces


L'équipe de GESIVI a démontré par ses tests (situation de tuerie de masse) qu'agir, plutôt que subir, augmentait sensiblement les chances de survie.

Nous laisserons la parole à un psychologue lors d'un prochain article, qui expliquera que l'action et le combat laisse moins de séquelles et de traumatismes que la soumission et la sidération.


Nous conclurons nos propos par une intervention du Professeur LABORIT sur le sujet :


 

N.B : Faire face au problème et le combattre avec discernement est peut être la meilleure option. La vidéo de Villeurbanne nous permet de rappeler quelques points fondamentaux face à un individu dangereux :

  • Injonction verbale ferme : oui, mais rester à distance.
  • Un individu en crise peut franchir 7 mètres en 1 seconde. Il donc conseillé de rester au-delà. Essayer de mettre un maximum d'obstacles entre lui et vous.
  • Si vous ne pouvez pas partir : essayez de vous positionner de 3/4 (dans nos formations pour les secouristes, nous préconisons le VGRIP).
  • Face au couteau, le droit à l'erreur n'existe pas. Les experts sont à l'aise dans leur démonstration quand le couteau est en plastique et à bout rond !
  • Une personne en crise a plus de 15 kgs de pression dans ses mains. Il suffit de 2 à 3 kgs pour perforer un corps humain.

 

Ils s’appellent Francis, Davis, Abdelkader, Samir, Gérald... Ils sont chauffeurs de bus, passants. Ce jour-là ils ont réagi et agit du mieux qu'ils ont pu en donnant l'alerte, en faisant un point de compression, en tenant la main d'un blessé, en suivant l'auteur de l'agression, en parlant à celui qui vit ses dernières minutes, en guidant les secours, en intimant l'ordre de poser ses couteaux, en contribuant à l'évacuation des personnes. Ils ont joué un rôle à leur niveau, simplement. Ils ont fait énormément. 

De cet événement tragique, il ressort une humanité, un engagement citoyen qui doit être souligné et mis en avant.

 

 

Nos deux livres abordent ce phénomène et propose quelques pistes de réflexion et résolution.

Publié dans : Études